Comprendre l'impact carbone d’un bâtiment peut sembler complexe. La réglementation RE2020 aide à réduire cet impact grâce à des méthodes claires. Ce blog explique comment calculer cet impact avec l’Analyse du Cycle de Vie (ACV). Chez Covalba, nous accompagnons les professionnels avec des solutions efficaces, notamment le cool roof, afin de simplifier la transition vers des bâtiments à faible impact environnemental.
RE2020 : Calcul de l’impact carbone d’un bâtiment
par Maxime BOURASSIN le 5 janv. 2024 11:09:23
Contexte et objectifs de la RE2020
La RE2020 est entrée en vigueur le 1er janvier 2022. Elle fixe des objectifs ambitieux pour réduire l’impact environnemental des constructions neuves. Désormais, les bâtiments doivent respecter des plafonds stricts d’empreinte carbone exprimés en kgCO2e/m².
Ces seuils deviendront plus exigeants d’ici 2031. L’objectif est de limiter les émissions dès la phase de construction tout en favorisant les matériaux biosourcés comme le bois.
Cette réglementation marque une grande différence avec la RT2012. Elle intègre une approche globale combinant énergie et carbone. Les professionnels doivent désormais évaluer à la fois la performance énergétique et l’impact environnemental.
"Construire mieux, pour moins polluer", résume bien l’objectif final de la RE2020.
Passons maintenant à l’Analyse du Cycle de Vie (ACV), un outil essentiel pour respecter ces nouvelles exigences.
Qu'est-ce que l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) ?
L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) mesure l’impact environnemental d’un bâtiment tout au long de sa vie. Elle commence à l’extraction des matières premières et finit à la démolition.
Cette méthode évalue des étapes comme la production, la construction, l’utilisation, et la fin de vie. Chaque matériau est analysé en fonction de son impact en kg équivalent CO2.
Pour les matériaux issus du réemploi, l’impact carbone est compté comme zéro.
L’ACV permet aussi d’évaluer les émissions de gaz à effet de serre, les consommations énergétiques, et la gestion des déchets. Le calcul se fait en multipliant les quantités de matériaux par leur impact carbone unitaire.
Un facteur de pondération temporelle ajuste ces données pour refléter leur effet climatique dans le temps. Ce processus aide à réduire les émissions et choisir des matériaux bas carbone.
La méthodologie de calcul de l'ACV dans la RE2020
La méthodologie de calcul de l’ACV dans la RE2020 mesure l’impact climatique en kilogrammes équivalent CO2. Elle inclut plusieurs gaz à effet de serre. Cette analyse couvre tout le cycle de vie d’un bâtiment, de la production des matériaux jusqu’à leur fin de vie.
Les matériaux issus du réemploi ont un impact carbone fixé à zéro. Cela encourage le recyclage dans les projets de construction.
Les 36 indicateurs servent à évaluer les performances environnementales et énergétiques. Parmi eux, 19 sont strictement environnementaux. Les systèmes comme les capteurs photovoltaïques sont analysés en fonction de leur autoconsommation.
Ces méthodes garantissent une approche complète pour limiter les impacts sur le réchauffement climatique. Passons maintenant aux étapes d’intégration de l'ACV dans un projet de construction.
Principes fondamentaux de l'ACV appliquée aux bâtiments
L’ACV pour les bâtiments évalue chaque étape de leur cycle de vie. Cela inclut l’extraction des matières premières, la fabrication, le transport, la construction, l’utilisation, l’entretien, la démolition et le recyclage.
Les émissions sont mesurées en kgCO2e/m² pour estimer l’impact climatique total. Par exemple, les matériaux représentent environ 70 % des émissions sur 50 ans pour un logement collectif.
Les données utilisées viennent de la base INIES. Elle contient des informations environnementales et sanitaires sur les produits. Pour les matériaux réemployés, l’impact carbone est considéré comme nul.
Les capteurs photovoltaïques sont pris en compte selon leur autoconsommation. Des plafonds fixés par la RE2020 limitent les émissions et seront renforcés d’ici 2031.
L’ACV dynamique et son importance dans la RE2020
L’approche dynamique dans l’étude ACV prend en compte les émissions au fil du temps. Contrairement à l’ACV statique, elle valorise les émissions actuelles, qui ont un impact plus fort sur le changement climatique.
Par exemple, les matériaux de construction avec des cycles courts ou réemployés ont une empreinte carbone faible. Dans la RE2020, l’impact des matériaux issus du réemploi est même compté à zéro.
Cette méthode influence les choix dès la conception. Elle pousse à privilégier les matériaux bas carbone et durables. Les 19 indicateurs environnementaux de la réglementation aident à évaluer ces éléments de manière précise.
Le facteur de pondération des émissions guide aussi vers des solutions écologiques pour la durée de vie du bâtiment.
Les indicateurs carbone dans la RE2020
La RE2020 utilise deux indicateurs clés pour le calcul carbone. L’IC Construction évalue l’impact des matériaux sur le cycle de vie du bâtiment. L’IC Énergie mesure les émissions liées aux consommations énergétiques en exploitation.
Les seuils fixés en kgCO2e/m² sont stricts et baisseront progressivement jusqu’en 2031.
Les matériaux réemployés ont un impact carbone nul dans l’ACV, même avec des rénovations sur 50 ans. Dès 2025, le gaz comme énergie unique sera limité. Les projets devront intégrer des énergies renouvelables locales pour respecter la réglementation environnementale.
Les équipements de process restent exclus du calcul carbone.
Réaliser une ACV conforme à la RE2020
Intégrer l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) dès les premières étapes d’un projet est essentiel. L'ACV évalue l’impact carbone sur 50 ans, exprimé en kg équivalent CO2. Elle inclut la fabrication, l'utilisation, et la fin de vie des composants comme les façades, le cloisonnement ou le système CVC.
Les données environnementales proviennent des FDES et PEP pour garantir leur conformité. Les matériaux réemployés peuvent afficher un impact nul sous certaines conditions précises.
Utiliser des outils spécialisés simplifie le calcul. Des logiciels dédiés permettent d’intégrer les 36 indicateurs requis, dont 19 environnementaux. Ces outils aident à optimiser le bilan carbone des bâtiments.
Préparer une déclaration environnementale pour chaque produit utilisé garantit la précision des résultats obtenus.
À quelles étapes intégrer l’ACV dans un projet de construction ?
L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) est essentielle pour un projet de construction. Elle guide les choix pour réduire les impacts environnementaux et respecter la RE2020.
- Effectuer une analyse dès la conception. Cela permet de choisir des matériaux bas carbone comme le bois ou des produits à faible impact environnemental. Des outils comme la base de données INIES aident à comparer les matériaux.
- Réaliser une évaluation pendant la phase de construction. Cette étape calcule les émissions liées aux travaux, au transport et à la consommation énergétique sur chantier.
- Mettre à jour l’ACV en phase d’exploitation. Cela tient compte des consommations réelles d’énergie primaire, comme le chauffage ou l’eau chaude sanitaire.
- Intégrer l’évaluation au permis de construire. Ce document doit inclure les données d’impact environnemental, selon la réglementation thermique RE2020.
- Utiliser des déclarations environnementales et sanitaires (FDES). Elles donnent les informations nécessaires pour évaluer chaque produit de construction utilisé.
- Collaborer avec un bureau d’étude spécialisé en thermique et ACV. Ces experts réalisent des études précises et réglementaires indispensables au projet.
- Respecter le label énergie positive si applicable au bâtiment neuf ou rénové, visant des performances énergétiques maximales grâce aux énergies renouvelables disponibles sur place.
- Adopter un plan pour réduire progressivement les émissions totales du bâtiment en fonction des besoins en énergie finale tout au long du cycle de vie prévu dans le projet mis en œuvre par l’équipe industrielle responsable.
Outils et logiciels pour réaliser une ACV
Les outils pour réaliser une ACV sont essentiels dans le secteur du bâtiment. Ils permettent de calculer l’impact carbone et d’améliorer la performance environnementale.
- Elodie : Ce logiciel, développé par le CSTB, est conçu pour les bâtiments en France métropolitaine. Il intègre la base INIES pour les données des produits de construction.
- One Click LCA : Cet outil aide à obtenir des analyses détaillées. Il utilise les déclarations environnementales et sanitaires pour évaluer les impacts.
- Pleiades ACV : Ce logiciel calcule rapidement l'impact énergétique et environnemental d’un projet. Il applique les normes NF XP C08-100-1 et PCR exigées par la RE2020.
- ClimaWin : Validé par la réglementation RE2020, il intègre des études thermiques précises adaptées aux réseaux de chaleur ou au chauffage au bois.
- Archiwizard : Spécialisé en simulation thermique, il permet d’optimiser les choix techniques durant la mise en œuvre d’un projet individuel ou collectif.
- Cypetherm : Cet outil vérifie les critères énergétiques selon la nouvelle réglementation environnementale RE2020 avec un maximum de précision.
- Base de données INIES : Obligatoire pour consulter les FDES publiées par chaque fabricant de produits de construction.
- Colibri (en préparation) : Ce moteur du CSTB vise à améliorer le calcul dynamique lié aux émissions carbone temporaires.
Choisir un logiciel dépend des besoins spécifiques du projet et du profil utilisateur professionnel ou débutant.
Les spécificités de l’ACV pour la rénovation et les bâtiments existants
L’ACV pour la rénovation prend en compte le périmètre des éléments existants. Les matériaux réutilisables, comme la menuiserie, jouent un rôle clé. Contrairement à une construction neuve, l’analyse ici évalue les impacts sur le changement climatique liés à la réhabilitation.
Ces études incluent souvent une réduction des émissions grâce à l’intégration d’énergie renouvelable.
La phase d’exploitation des bâtiments existants est essentielle. Une étude thermique précise permet de voir les points faibles énergétiques et environnementaux. L’utilisation de déclarations environnementales et sanitaires aide à choisir des matériaux bas carbone.
Cette méthode de calcul optimise la transition écologique tout en améliorant le confort des occupants.
Quelles différences avec une ACV en construction neuve ?
Une ACV en rénovation analyse des matériaux existants. Les matériaux réemployés ont un impact carbone de zéro dans la RE2020. Les données manquantes pour ces cas imposent souvent des hypothèses de calcul précises.
Les rénovations lourdes demandent une étude plus complexe, car elles impliquent des éléments mixtes : anciens et neufs.
Les seuils de carbone diffèrent selon le projet. Contrairement à une maison neuve, les bâtiments existants doivent intégrer la déclaration environnementale et sanitaire de chaque module conservé ou remplacé.
Les incertitudes dans les résultats augmentent avec les données fragmentées des rénovations.
Comment optimiser l’ACV pour améliorer la performance environnementale des bâtiments ?
Choisir des matériaux bas carbone réduit jusqu’à 70 % l’impact lié aux matériaux. Intégrer des matériaux réemployés peut même atteindre un impact carbone proche de zéro.
Prioriser une analyse de cycle complète, de la production à la fin de vie, améliore l’évaluation environnementale.
Minimiser les émissions en phase d’exploitation optimise les performances énergétiques et environnementales. Utiliser des indicateurs comme le Bbio et les CEPnr garantit une meilleure efficacité.
Respecter les exigences RE2020 assure des bâtiments durables et conformes.
Choisir des matériaux bas carbone
Les matériaux bas carbone réduisent l’impact environnemental des bâtiments. Les matériaux biosourcés, comme le bois ou la paille, gagnent en popularité. D’ici 2030, les maisons à ossature bois devraient augmenter.
Ces options limitent les émissions de CO2 tout en offrant une bonne performance énergétique et environnementale. Les matériaux géosourcés, comme la terre crue ou la pierre, sont aussi des solutions durables.
Les labels comme FDES ou EPD aident à comparer les matériaux selon leur empreinte carbone. Par exemple, le béton traditionnel émet plus de CO2 qu’un béton bas carbone. Utiliser ces données permet de respecter les plafonds fixés par la RE2020 en kgCO2e/m².
La base INIES recense des informations essentielles pour choisir des matériaux conformes aux normes actuelles.
Réduction des émissions en phase d’exploitation
La RE2020 impose des plafonds d'empreinte carbone pour les bâtiments neufs. Ces plafonds sont mesurés en kgCO2e/m² et visent des réductions progressives jusqu'en 2031. L’optimisation des équipements techniques comme le chauffage ou la ventilation joue un rôle clé.
Une maison individuelle bien isolée et équipée réduit ses besoins en énergie. Les bâtiments à énergie positive (BEPOS), qui produisent plus d'énergie qu'ils n'en consomment, diminuent fortement leur impact environnemental.
La gestion intelligente de l’énergie diminue l'impact sur le changement climatique. L’analyse du cycle de vie (ACV) considère l’énergie primaire non renouvelable consommée lors de l’exploitation.
Un logement collectif peut émettre 1000 kgCO2e/m² sur 50 ans. Utiliser des outils ACV aide à identifier ces impacts et à les réduire efficacement pendant la phase d’usage du bâtiment. Pour aller plus loin, les entreprises peuvent également jouer un rôle actif en mettant en place des stratégies globales pour réduire leur empreinte carbone.
Défis et évolutions futures de l’ACV dans la construction
Les plafonds d’empreinte carbone seront abaissés progressivement jusqu’en 2031, poussant les constructeurs à innover. Actuellement, la RE2020 présente des limites. Certains matériaux recyclés, bien que comptés comme impact nul sous conditions, restent peu utilisés.
Les seuils modulés selon les projets compliquent parfois la comparaison entre eux.
Un moteur de calcul unifié, "Colibri", est en préparation pour simplifier ces évaluations. Une réglementation encore plus stricte pourrait voir le jour pour réduire les impacts environnementaux.
Cela pourrait inclure des normes sur les bâtiments existants ou l'enseignement primaire et secondaire.
Limites actuelles de la réglementation RE2020
La réglementation RE2020 impose des seuils carbone ACV stricts, mais manque de flexibilité. Les contraintes économiques freinent son application, notamment pour les petits projets ou rénovations.
Certains matériaux bas carbone restent coûteux ou difficilement disponibles. L’analyse du cycle de vie (ACV) en rénovation est aussi plus complexe à réaliser.
Des défauts dans les outils de calcul compliquent la mise en place sur le terrain. La RE2020 ne couvre pas assez les émissions liées à la voirie ou aux objets secondaires. Les évolutions futures devront mieux intégrer ces impacts environnementaux.
Des seuils plus exigeants sont attendus pour renforcer la performance écologique des bâtiments.
Vers une réglementation encore plus stricte ?
De nouveaux seuils d'empreinte carbone seront imposés en plusieurs étapes jusqu'en 2031. Ces plafonds renforceront les exigences environnementales des bâtiments. Depuis le 1er janvier 2023, même les extensions de maisons individuelles doivent respecter la RE2020.
Cette évolution illustre un durcissement progressif des normes. La Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) guide également ces ajustements pour réduire les impacts environnementaux.
L’analyse du cycle de vie (ACV) pourrait devenir obligatoire en rénovation. Les matériaux biosourcés, avec un impact carbone négatif, gagnent en importance. Des choix plus durables sont ainsi encouragés pour limiter les émissions dans toutes les phases du bâtiment.
L’objectif reste une amélioration continue de la performance environnementale.
Conclusion
Comprendre l’ACV est essentiel pour concevoir des bâtiments durables. La RE2020 impose des normes claires pour réduire l’impact carbone. Intégrer l’ACV dès le début d’un projet garantit une meilleure performance.
Les acteurs du bâtiment doivent adopter des outils adaptés et privilégier des matériaux bas carbone. Cela contribue directement à un avenir plus respectueux de l’environnement.
FAQ
1. Qu’est-ce que le calcul de l’impact carbone d’un bâtiment dans RE2020 ?
Le calcul de l’impact carbone évalue les effets environnementaux d’un bâtiment en utilisant des données quantitatives et des références précises.
2. Pourquoi réaliser un rapport sur l’impact environnemental d’un bâtiment ?
Un rapport permet de comprendre les impacts environnementaux et de respecter les normes RE2020 pour les bureaux ou autres constructions.
3. Comment est réalisée l’analyse dans le cadre de RE2020 ?
L’analyse est réalisée en suivant une méthode stricte, basée sur des données quantitatives et des références validées.
4. Quels types de bâtiments sont concernés par RE2020 ?
RE2020 s’applique aux bâtiments résidentiels, aux bureaux et à d’autres constructions ayant un impact environnemental mesurable.
Pour aller plus loin :